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Hassoumi ASSOUMANA

Hassoumi ASSOUMANA, nigérien, est diplômé de HEC de Liège en Sciences Commerciales et Financières et du CESAG de Dakar en Audit et Contrôle de gestion.

Il a débuté sa carrière professionnelle dans l’enseignement public avant de rejoindre la Société Nationale des Eaux (SNE) de son pays, qui deviendra après sa privatisation (SEEN), filiale de Veolia. Il y occupa des postes de très hautes responsabilités allant de contrôleur de gestion aux postes de DRH et DCF.

En 2008, il rejoint l’Autorité de Régulation Multisectorielle (ARM) en tant qu’Analyste financier et en 2013 il est nommé Directeur Comptable et Financier, suite à la transformation de l’ARM en ARTP. Depuis juin 2016, il est le Chef du Département « Etudes et Prospective ».

Thèse dirigée par: Pierre-Jean BENGHOZI

Résumé

Le Business Science Institute m’offre l’opportunité de pouvoir réaliser mes rêves car j’ai là une occasion de préparer mon doctorat :
- sous la supervision d’un réseau de professeurs de renommée internationale,
- sans quitter mon emploi,
- en ne m’absentant que cinq (5) week-ends durant tout le cycle d’éudes,
- en préparant un travail de recherche issu de mes expériences et en rapport direct avec mon emploi.

J’aurai aussi la chance de soutenir ma thèse devant un jury universitaire international et de la publier, dans la mesure du possible. Cela rehaussera l’image de mon institution et mettra en valeur ses pratiques de régulation.

Son sujet de recherche porte sur le lien entre les modalités d’organisation des Autorités de Régulation des Télécoms (ART) et le développement du secteur des télécoms. Plus précisément, il se demande si « le lien entre les ART et les performances du secteur télécoms est vraiment étroit » ou s’il s’agit d’une simple illusion.

A partir des années 2000, les pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) ont été obligés de libéraliser leur secteur des télécommunications non pas seulement par volontarisme politique mais sur injonctions des bailleurs de fonds qui en font une conditionnalité de leur appui financier. De surcroît, le progrès technologique avait de fait, grâce au mobile, déjà fait entré la concurrence dans le secteur et qu’il convenait mieux de le reformer plutôt que de laisser la concurrence s’installer en désordre.

Cette réforme a surtout conduit à la mise en place des Autorités nationales de régulation (ANR) qui ont pour office de favoriser dans le secteur l’exercice d’une « concurrence effective et loyale au bénéfice des utilisateurs ». Elles sont ainsi censées contribuer au développement et à l’amélioration des performances productives des opérateurs du secteur. Elles sont structurées et organisées pour inciter les opérateurs à accroitre leurs investissements dans le secteur, à promouvoir la couverture et l’accès au service des télécommunications.

Mais depuis quelques années, la gestion de ces entités est émaillée de scandales financiers et la nécessité de l’évaluation de leur utilité se fait sentir. Très peu d’études ont été faites pour évaluer leur impact sur le secteur qu’elles sont censées promouvoir, encore moins dans les pays de l’UEMOA.

Pour combler ce gap, nous avons entrepris d’explorer l’impact de ces ARN sur le développement et les performances du secteur. Nous avons ainsi construit une base de données des huit (8) pays de l’UEMOA sur une période de 11 ans de 2003 à 2013.

A l’aide d’un modèle d’analyses multivariées ayant comme variables explicatives les modalités d’organisation des ARN et les variables à expliquer, les indicateurs de développement et de performances du secteur, nous avons testé la corrélation qui existerait entre ces variables d’intérêt. Nous avons aussi cherché une classification typologique des pays de l’UEMOA en fonction de la qualité de la régulation.

Les résultats auxquels nous sommes parvenus révèlent un impact positif évident de certaines modalités d’organisation des ARN sur le développement du secteur des télécommunications. Par contre, certaines modalités n’ont aucun impact et pire, d’autres ont même un impact négatif. En effet, telles qu’elles sont organisées, les ART n’impactent que les investissements dans le secteur. Elles n’incitent pas à un effort de la part des opérateurs du secteur pour accroître la couverture et l’accès au service des télécommunications de la population de cette région ; ainsi donc, la qualité de la régulation laisse à désirer. Ce dernier point a d’ailleurs déjà été relevé par une étude de la banque mondiale sur l’indice de la qualité de la régulation de 2000 à 2014 qui a montré que les pays de l’UEMOA occupent les dernières places en Afrique.

Par ailleurs, notre étude a permis de constater, grâce à la mise en jeu de variables exogènes que sont le PIB/H et le Poids de la population rurale, que les variables démographiques jouent un rôle important ainsi qu’il apparaît un effet « richesse » sur les performances et le développement du secteur des télécommunications dans les pays de l’UEMOA.

Nous pensons que la contre-performance des régulateurs est le fait des ressources humaines qui manque d’une part d’expertise en matière de régulation et d’autre part d’esprit d’entreprenariat dû à l’origine des managers qui sont le plus souvent issus de l’administration. En effet, ceux-ci peinent à se départir de l’esprit de fonctionnaire dans la gestion c'est-à-dire sans objectifs précis et mesurables à atteindre.

Dans la perspective d’une recherche dans le même domaine, une étude intégrant la qualité du BOARD et la proportion des économistes et juristes sur les techniciens permettra de mettre à l’épreuve cette hypothèse.

 

Mots clés : régulation, secteur des télécommunications dans les pays de l’UEMOA, modalités d’organisation des autorités de régulation, développement et performances d’un secteur d’activité.