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Lettre d'information mensuelle :


Ndéye Aïssatou SY

Aissatou SY – Luxembourg 1 (2014-2017)

Conseiller Juridique depuis 2005, elle a débuté sa carrière dans un cabinet d'avocats. Elle est Conseiller Juridique de la Société des Pétroles du SENEGAL depuis 2006, membre de l'Association Internationale des négociateurs du pétrole et du gaz et du Comité national pour la transparence dans les industries extractives et s'occupe des problématiques de veille juridique, de prévention, de représentation et de Compliance en relation avec la gestion courante et les besoins impérieux de l'entreprise (élaboration, parachèvement et passation de Contrats et toutes activités relatives aux hydrocarbures).

Elle a soutenu en septembre 2019, son doctorat portant sur les Stratégies d’Investissement dans l’Exploration-Production des Hydrocarbures (Pétrole et Gaz) : Cas du Sénégal.
Aissatou a le grade de Docteur et détient également un Certificate of Reseach - University of Technology Sydney (UTS - Australie).
Les Professeurs Michel Kalika & Sébastien Liarte (respectivement professeurs Emérite à iealyon School of Management et université Lorraine (France)) ont dirigé sa thèse.

Résumé

Les stratégies des acteurs dans l’investissement de l’exploration-production des hydrocarbures. Cas du Sénégal.

L’industrie des hydrocarbures (pétrole, gaz et produits associés) est une industrie excessivement risquée et incertaine avec une seule chance de découverte sur dix (10) puits forés et coûteuse (un forage en eaux profondes coûte un (1) million de USD par jour). Sachant que le forage dure en moyenne trente (30) à quarante-cinq (45) jours.
C’est la raison pour laquelle, les acteurs potentiels doivent définir des stratégies à travers une réelle politique de prise de décision afin de pouvoir financer leurs activités. Etant entendu que les banques et institutions financières classiques ne prennent guère le risque d’injecter des fonds dans une activité qui ne garantit pas le retour sur investissement. Pour cela, les acteurs principaux à savoir les sociétés pétrolières internationales (majors et indépendantes), les sociétés nationales, les sociétés de services, certains fonds d’investissement étudient et mettent en œuvre les voies et moyens efficients pour lever des fonds destinés au financement des investissements. Il s’ensuit irréfutablement que la levée des fonds et les stratégies mises en évidence doivent être testés et éprouvés pour déceler et comprendre sa substance.
Pour ce faire, une acquisition de données-terrain a été effectuée auprès des acteurs impliqués, dans le bassin sédimentaire du Sénégal, sur une période de cinq (05) mois afin de circonscrire l’état de la question de l’investissement dans une industrie risquée et incertaine. A l’épreuve, les résultats de l’enquête révèlent d’une part que les stratégies sont harmonisées dans l’industrie aussi bien au Sénégal que sur le plan international, avec un postulat clair ; les sociétés indépendantes prennent le risque et font de l’exploration sur fonds propres. En cas de découvertes d’hydrocarbures, elles cèdent tout ou partie de leurs intérêts aux majors, disposant des capacités techniques et financières qui valorisent les hydrocarbures. Dès lors, il apparaît en filigrane que les majors ne prennent pas de risque.
D’autre part, l’évolution économique et les mutations constituées de chocs et contre-chocs pétroliers constituent fondamentalement les points qui remettent en cause l’harmonisation des pratiques. A cet égard, la tendance à la déconstruction actuelle des pratiques harmonisées apparait dans l’analyse des résultats. Elle est sous-tendue par une prise exceptionnelle de risque par les sociétés majors en exploration ces trois dernières années et une tentative de maîtrise par les indépendantes qui diminuent drastiquement leur budget d’exploration.
Considérant cette situation, il est opportun de relever que la recommandation managériale découlant de l’étude circonscrit évidemment que l’industrie doit être refondue et les rôles redistribués. En ce sens, les NOC cantonnées à la représentation des intérêts de l’Etat doivent pouvoir être internationalisées et devenir opératrices au même titre que les majors.
Aussi, étant entendu qu’il est absolument impérieux que les projets soient redimensionnés dans la mesure où la conjoncture actuelle ne laisse place ni à la collaboration moins encore à la compétitivité des énergies fossiles susceptible d’être remise en question par les énergies renouvelables.
La solution de rechange restera « post-moderne » par le mix-énergétique et surtout par une adaptabilité et un réajustement afin de maîtriser tout risque et déséquilibre.

Mots clés : industrie, acteurs, hydrocarbures, pétrole, gaz, investissement, risque, incertitude, décisions stratégiques, fonds, IOC, NOC, compétition, collaboration-crise-adaptation, géostratégie, Etat, partenariat public-privé.