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Lettre d'information mensuelle :


David LARIVIÈRE

Directeur d’hôpital. Officier de réserve au sein du service de santé des armées français.

Thèse dirigée par : Martin Cloutier

Résumé

La prise de conscience du risque de disparition de l’organisation comme facteur de résilience : étude comparée de la transformation à l’hôpital public et privé.

Dans un contexte empreint de turbulences voire de crises au sein du secteur hospitalier français, la question de la capacité réelle des hôpitaux à conduire le changement s’impose. Elle se pose avec d’autant plus d’acuité qu’il convient sans doute d’en comprendre les leviers et d’en tirer des implications managériales opérationnelles, qui pourraient aider les managers hospitaliers à tirer profit des expériences et des démarches réussies pour conduire leurs propres transformations.
Dans cette recherche, il convient d’évaluer si l’action de la Direction consistant à faire prendre conscience aux équipes d’un risque de disparition constitue un levier de changement à travers la mobilisation de la résilience individuelle et collective. La résilience, entendue comme la capacité à réagir (individuelle) ou à anticiper (collective) une situation de crise ou des évènements perturbateurs de l’organisation, constitue un moteur de changement que les dirigeants sont amenés à mobiliser pour conduire les réorganisations qui s’imposent à leur structure.
Menée dans le cadre d’une étude de cas comparée entre un établissement public de santé (cas Public) et un établissement de santé privé sans but lucratif (cas Privé), la question de recherche consiste à évaluer plusieurs dimensions d’une question centrale : par quel mécanisme managérial passe-t-on d’une résilience individuelle (réaction à une crise) à une résilience collective (anticipation de la crise) ? Cette recherche consiste donc d’une part à étudier le chaînon manquant entre résilience individuelle et résilience collective dans un contexte hospitalier et ainsi à comprendre les facteurs de la résilience à l’hôpital ; mais elle vise d’autre part, à mesurer si la simple prise de conscience du risque de disparition de la structure, peut constituer un facteur fondamental si ce n’est originel de la résilience organisationnelle. En pratique, l’expérience managériale montre que pour passer d’un état à l’autre, un champ de la littérature n’a pas été évalué. Le contexte hospitalier et les facteurs de la résilience à l’hôpital semblent constituer un terrain d’analyse particulièrement intéressant et caractéristique pour compléter la littérature : en effet, le secteur de la santé s’inscrit depuis plusieurs années dans le cadre d’une mutation permanente, tant du point de vue de la gouvernance, de son organisation territoriale que de son modèle de financement. Conduite sur la base d’une méthode mixte ascendante, permettant la quantification statistique de données qualitatives, la cartographie des concepts en groupe (CCG) (Kane et Rosas, 2018 ; Kane et Trochim, 2007 ; Trochim, 2017 ; Rosas, 2017 ; Tremblay et Cloutier, 2015), cette étude a consisté de façon empirique, à comprendre les relations de la structure des concepts qui sous-tendent la résilience, en s’appuyant sur l’expérience de managers hospitaliers de terrain et de directeurs d’hôpitaux, qui inscrivent leur action dans une forme de transformation permanente (Argyris, 1995).

Mots-clés : Résilience individuelle, résilience collective, résilience individuelle préventive, crise, turbulence, changement, transformation, organisation, disparition, survie, anticipation, réaction, Direction, hôpital, système de santé, communication, appropriation, projet, apprentissage, sens.