
Nermin Gnam est directeur mondial des services chez Einhell Germany AG. Il possède une expérience internationale en matière de transformation des services, de numérisation et d’expérience client. Il a précédemment occupé des postes de direction chez Electrolux, MediaMarktSaturn Service Group et Whirlpool, où il était entièrement responsable du compte de résultat et se concentrait principalement sur les ventes, le marketing, le développement commercial et la transformation axée sur l’ESG.
Nermin Gnam soutiendra son Executive Doctorate of Business Administration (EDBA) en mars 2026, sous la supervision du professeur Andreas Kallmünzer, de l’Excelia Business School, en France. Ses recherches explorent l’influence de la pression réglementaire sur la collaboration entre les parties prenantes dans l’économie circulaire, sur la base d’une étude exploratoire dans le secteur de l’électroménager.
Direction de thèse
Pr Kallmünzer Andreas
Thèse de DBA
Tension entre les parties prenantes, la réglementation et la coopération dans l’économie circulaire – Une étude exploratoire sur la coopération dans l’économie circulaire à partir de l’exemple de l’industrie des appareils électroménagers.
Résumé
Cette dissertation examine comment les cadres politiques et réglementaires influencent la collaboration entre les principales parties prenantes de l’économie circulaire, en utilisant l’industrie des appareils électroménagers comme cas représentatif. L’étude répond à l’importance croissante de la circularité pour la compétitivité industrielle, la conformité réglementaire et la durabilité, et met en évidence la nécessité d’une action coordonnée entre fabricants, décideurs publics, recycleurs, distributeurs et société.
La recherche adopte une approche qualitative et exploratoire fondée sur de nombreux entretiens avec des experts du secteur. Cette méthode permet d’obtenir des perspectives approfondies sur la manière dont les pressions institutionnelles, les attentes réglementaires et les logiques parfois divergentes des parties prenantes façonnent la coopération tout au long du cycle de vie des produits.
Les résultats révèlent plusieurs tendances récurrentes :
- La réglementation agit comme un moteur externe majeur, mais elle est souvent perçue comme fragmentée, ambiguë ou mise en œuvre de manière incohérente.
- La collaboration entre les parties prenantes est entravée par des responsabilités peu claires, des interprétations divergentes des exigences de l’économie circulaire et une transparence limitée dans les flux d’information.
- La confiance, une compréhension partagée et l’apprentissage interorganisationnel sont des facteurs déterminants qui favorisent la coopération.
- Les structures de gouvernance — formelles comme informelles — jouent un rôle central dans l’alignement des intérêts et la facilitation de l’action collective.
Pour les dirigeants de l’industrie des appareils électroménagers, l’étude propose plusieurs implications pratiques. Les entreprises doivent renforcer leurs systèmes de gouvernance internes et externes, améliorer la transparence des données tout au long de la chaîne de valeur et s’engager de manière proactive auprès des décideurs publics afin d’anticiper les évolutions réglementaires. La collaboration doit être envisagée comme une capacité stratégique : les entreprises qui se positionnent comme partenaires fiables dans les réseaux de valeur circulaire peuvent réduire les risques de non-conformité, stabiliser leurs chaînes d’approvisionnement et ouvrir de nouvelles opportunités commerciales telles que les services de réparation, les modèles de reconditionnement et les dispositifs de récupération des matériaux. L’établissement de relations de confiance et la mise en place de canaux de communication continus avec les parties prenantes sont essentiels pour surmonter les barrières institutionnelles et organisationnelles.
- Les recommandations managériales mettent en évidence :
- l’importance d’un engagement précoce avec les régulateurs et d’une interprétation proactive de la législation européenne sur l’économie circulaire ;
- la nécessité de renforcer l’alignement transversal au sein des entreprises ;
- la valeur stratégique des partenariats avec les recycleurs, les réseaux de réparation et les prestataires logistiques ;
- le développement de structures claires de gouvernance et de responsabilité ;
- l’intégration des objectifs de circularité dans la conception des produits, le service client et les processus de fin d’usage.
Dans l’ensemble, cette étude montre que la transformation vers l’économie circulaire dans le secteur des appareils électroménagers dépend non seulement de l’innovation technologique, mais surtout d’une collaboration efficace à l’échelle de l’écosystème. Les dirigeants qui comprennent et façonnent activement les relations avec les parties prenantes et les interfaces réglementaires seront mieux positionnés pour gérer cette transition et créer des avantages concurrentiels durables à long terme.